FLOREAL ou L'Etre le Sexe et l'Amour
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« Une même vague par le monde, une même vague notre course... Etroite la mesure, étroite la césure, qui rompt en son milieu le corps de femme comme le mètre antique... Tu grandiras, licence ! La mer lubrique nous exhorte, et l'odeur de ses vasques erre dans notre lit... Rouge d'oursin les chambres du plaisir »
Amers -Saint-John Perse -
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L'Etre, le Sexe, l'Amour : acronyme ESA Une catharsis
L'important dans un roman n'est pas forcément l'histoire dont on pourrait dresser quelque archétype universel, mais le travail sur la langue, sur les idées, sur des notions morales ou esthétiques. L'apport littéraire étant ainsi défini nous pouvons avancer que « La condition humaine » est partie de la relation qui se noue comme une trilogie entre Sexe et Amour pour se révéler et se perpétuer comme conditions dans l'Etre et le débat qu'il ouvre : c'est quoi « Etre » ? « Etre avec ou sans l'Amour » « Peut-on Etre sans Amour » ? Qu'est le Sexe ? Une caractéristique, une composante biologique, un caractère sacré de l'Existant ?
Dès lors la démarche pourrait se résumer par une seule recherche : l'Amour c'est quoi ?
Tour à tour sont évoqués le Storgê (familial) et le Philia (social) qui conforment apparemment la matrice de l'Agape (spirituel) et de l'Eros (physique) lesquels s'interpellent, luttent, s'entredévorent, sous les arbitrages, parfois les sollicitations insidieuses et les relances dionysiaques de l'Himéros (désir). Qu'elle est la nature de l'engagement qui est lien d'amour ?
L'émotion, le désir, la découverte, quelles sont leurs interactions ? L'amour ne serait-il qu'un lien charnel ? Qu'est-il par rapport à l'état de Nature et de Naturel ? Que valent nos traditions, nos mœurs, notre approche individuelle ou collective qui fondent notre morale occidentale ?
Cette interrogation de l'Etre pose l'Etre, ou tente de l'établir dans sa Totalité (tentative désespérée) dans sa dimension Vitale et ses implications au niveau de l'esprit et du sexe, de la raison et de la foi, et chemin faisant chante l'amour, la liberté, la dérision et la fantaisie, le fantasme aussi en marge de la folie.
Aussi le poème se mue-t-il en action, une plongée sans fin dans l'infra sensible sans fond ; il rejaillit en nous et déborde sur l'univers romanesque où nous mordons sur les franges une réalité sans cesse renouvelée, comme si l'esprit condescendait à s'ouvrir à l'extérieur de soi pour laisser entrer toutes ces données qui l'abreuvent pour le nourrir et le régénérer en permanence avec une trame qui assure, dans la continuité, aussi bien sa survie que son éternité.
Ainsi l'auteur cède-t-il la place à FLOREAL, afin que son parcours initiatique puisse lui livrer, nous livrer, les clefs d'une compréhension, si tant elles existent, de ce qu'est ou peut être ou pourrait être l'Amour.
Cette quête est assurée dans « ESA » par cinq ouvrages dont nous vous livrons ce jour, plus que des romans, les différents visages.
« LA CAVE » représentée par le visage d'ALBERT
« Albert » est cette petite musique intérieure qui chante dans nos esprits quand on a seize ans et qui nous agite quand on croise le regard brillant des jeunes filles. Même s'il s'agit d'une relance de la prime sexualité, des troubles qu'elle engendre lors des rencontres dues au hasard, même si elle impose le choix nécessaire à son orientation ou à ses inclinations , celle-ci ouvre des horizons nouveaux où brûle l'ardent désir de découvrir l'univers fantasmatique et fantastique de l'amour.
Quels rapports se nouent entre la chair et le sentiment amoureux ? L'amour est-il une conquête universelle dont on retrouvera l'écho en chaque femme, fantasmée ou croisée sur sa propre route ? Ou n'est-il qu'un pacte « sui generis » entre soi et l'être humain, peu importe sa nature ou son genre ?
Sur un plan purement littéraire, la tentative est de cerner la femme, son essence, et cet esprit qui nous fait songer à la « femellité » ce qui la différencie du mâle avec son destin de « reproducteur ». Au travers et par le biais du langage, la gageure est d'investir notre propre sexualité d'espèce dite humaine, ses instincts modelés par notre éducation, nos aventures subies ou voulues par le plus pur des hasards (existerait-il un déterminisme ?-possible- la question est posée). Une tentative proche du désespoir de comprendre le pourquoi de nos inclinations à travers le comment. « Albert » est la résultante d'un questionnement et d'une expérimentation de ce que semble être l'amour au niveau du corps.
« Albert » est le premier visage aux multiples aspects de ce que nous pourrions en quelque sorte nommer, « la quadrature de l'Etre »
En guise d'avertissement, ce premier Visage est à lire au premier et second degré.
Ainsi, l'un des passages qui donne son titre à l'ouvrage, celui de « la cave « est à considérer sous deux angles.
1) Au premier degré, une réalité hélas dommageable, que vous pouvez retrouver dans l'aménagement des locaux des centres de sauna et qui tend à renouveler le trauma de certaines névroses.
2) Au second degré, une plongée dans l'inconscient collectif et dans le domaine trouble et nauséeux des instincts d'une animalité qui se découvre. Esquisser une analogie avec le mythe de Platon, revient à fonder l'existence (ou le passage à l'être), par cette phase où la sexualité s'impose d'emblée.
Le débat est ainsi posé : la sexualité (en tant que détermination physiologique de l'être) et la libido sont-elles déterminantes pour être en tant qu'Etre (existence) à la conscience, à la reconnaissance de l'autre (moi, toi, soi) et du nous (association). Sont-elles fondamentales pour agir en liberté, en fin de compte "être libre" en tant qu'être de Liberté?
Aucune réponse n'est apportée, si ce n'est un doute profond, comme au sein d'une cave, où l'Etre essaie d'émerger, de comprendre, d'éprouver les prémices d'une confuse liberté: choisir; où « Etre » est l'étonnement, cette interrogation permanente qui fait ce que nous sommes (sans le savoir) et fondons notre action (avec plus ou moins de conscience claire).
Et si le lecteur est gêné, (on ne le aurait à moins) peut-être est-ce parce qu'au fond de lui, un certain trouble (domaine du possible) a dû éveiller une ancienne confusion de tendances et de sentiments qui, à un instant précis, l'ont probablement "déterminé" à se positionner, à choisir, vers quel "être" il se sentait comme poussé, ou incité par volonté (vouloir) à être (exister) tout simplement.
La cave, est un verrou. J'ouvre la porte, j'entre, je constate, je choisis. Je la laisse fermée, je m'inquiète, j'assume la part d'obscurité en moi, ou je m'en détourne et je continue benoîtement mon chemin, instinctivement, sans plus réfléchir, sans trop me préoccuper de qui je suis ou veux être ou qui je serai et deviendrai.
Albert essaie de débrouiller l'écheveau de la confusion lors de la naissance du sentiment amoureux. Qu'est-ce que le désir qui est désir de chair avant d'être sentiment d'amour ? Qu'est le plaisir et qu'est le sexe ? Peut-on choisir son « genre » masculin ou féminin ? Par quoi sommes -nous déterminés ? Est-on vraiment libre ? Sommes -nous en capacité de librement choisir (ce qui nous semble être une aporie). L'amour (ce qui nous est défini par ouï-dire) est-il consubstantiel à la chair et au plaisir ?
En conclusion nous considérerons « La Cave » comme le premier symbole de : ESA
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« Rad' IO seX » porte le visage d'ARTHUR
Un cran plus loin, l'entreprise est de comprendre la nature de la passion amoureuse à partir de simples constats. Le poème cède la place à la littérature dans le sens ou c'est l'évocation rendue par les mots, pris dans leur sens prosaïque-voire archaïque- pour renouer à des situations qui ne peuvent que lui échapper.
Le poème fait un effort pour se rendre à l'évidence d'une « naturation » terrestre. Les mots pour ce faire, grâce au renouement à la force poétique et à sa transcendance, se font chair. Par la transfiguration du logos l'écrit tente de transmettre un ressenti où s'exprime toute la violence de la passion. Où mène-t-elle ? Quid de la fidélité dans le couple ? Quel est le rôle d'une maîtresse à défaut de fonction ? Qu'en est-il de la tendresse, de la moralité, de l'amour jusqu'à la vieillesse, de sa lente maturation, de sa force, de ses transmutations ? Quelle résistance l'amour oppose-t-il à la durée ? A l'approche de la mort, du chagrin qui l'accompagne, que devient-il ? En cela, « Arthur » est l'étonnement et la découverte sans cesse renouvelée.
Le choix est établi, engagement est pris pour l'être d'aller vers cet autre dans son complément de nature. La liberté s'exprime jusque dans le choix du désir à assumer. Il s'agira de la relation homme-femme et de la vivre dans ce mouvement d'attirance comme par fidélité à sa structure de « naturée ». Il s'agit de se mettre en règle avec elle et d'obéir à sa conformité dont le sens serait la reproduction de l'espèce.
Dans cette considération, qu'en est-il de cet élan même qui pousse l'un vers l'autre et que l'on nomme « amour ». A quels principes répondent le corps et l'esprit. Sont-ce d'abord les mêmes ? Est-ce l'esprit qui pousse ou le corps qui appelle ; ou l'un et l'autre tour à tour ?
Albert cède le pas à Arthur. Nous sommes loin des manières de la princesse de Clèves, de ses abandons, de ses refus, de ses chichis et falbalas. Il s'agit de connaître la chair, de l'éprouver, de savoir jusqu'où l'entreprendre, de se livrer corps et âme à son assouvissement. L'impératif est de s'abandonner à cet esprit insidieux qui allume, illusionne, promet, alors que la chair n'est qu'un simple moyen- à ne pas corrompre toutefois - un obstacle à goûter pour franchir sa rive et aborder le cap de la connaissance ; et lui attribuer au passage un statut de pureté pour s'anoblir et s'affranchir du délit de péché que la religion lui associe. Pureté de la caresse - pure sensibilité de la peau-, pureté de la relation sexuelle - pure incandescence-, pureté du plaisir par l'impulsion et l'implosion des sexes : pulsion de petite mort qui a l'avant-goût du néant bienheureux et de l'éternité créatrice.
Qu'y a-t-t-il au bout de l'acte sexuel ? Pourquoi ne peut-on retenir et prolonger cette nano seconde où toute la tension de l'être se libère violemment comme s'il était expulsé, explosé, excommunié de l'âme (ou ce que nous appelons l'âme) au regard d'un absolu néant ou seule la chair demeure le cordon qui ramène à la terre pour un éternel retour, un éternel recommencement. C'est quoi, pourquoi, comment, cet instant ultime qu'est la jouissance, ce déluge orgasmique ? Et ce que nous appelons le « cœur » qu'est-il exactement ? C'est quoi la passion amoureuse, c'est quoi cette combustion des êtres, cette fusion de l'intime, pour quel bénéfice ? Pour quel bien ? Pour quelle suprême beauté, quel esthétisme ?
Quand nous parlons de sentiments, qu'elle en est la charpente. L'Amour d'un fils pour un père, d'une mère pour ses enfants, d'un homme pour une femme, d'une femme et d'un homme pour le sexe, sont-ils de même lignée ou ne sont-ce que les facettes du plaisir de simple existence qui lui-même se noie dans un perpétuel désir. Besoin, nécessité, plaisir ; l'infernal trio de la vie. Primarité, survie, fugacité. Mythe, idéal, mystification. Justification, spiritualisation, singularité d'espèce.
Arthur découvre, éprouve, savoure, tente de comprendre, cerne les enjeux, n'a de cesse de réaliser des allers retours esprit-corps, cœur-corps, cœur-esprit, pour finalement tout fondre en un seul allant ce mouvement de l'être qui n'est rien d'autre que celui de la vie même, avec ses à-coups, son jeu de dés, ses bizarreries, et notre incapacité profonde à modifier le cours de notre existence. Sommes- nous maître de notre destin ou celui-ci n'est-il que la résultante de circonstances au travers l'Etre que nous sommes ? Destin ou s'imprime et s'exprime la vie façonnée aux grés de ses hasards et de ses fantaisies ; le hasard du cœur, la fantaisie de l'esprit.
Qu'en est-il de ce sentiment que l'on qualifie d'amoureux et qui semble n'être rien d'autre que l'habit d'une attirance que l'on veut perpétuer ? Un désir, une volonté, une envie, que l'on souhaite entretenir dans la durée où l'âge peu à peu y glisse ses racines qui peu à peu deviennent la cémentation de l'amour au sein d'un couple d'individus de sexe différencié ! En est-il de même pour les individus de même sexe, hommes ou femme ? Arthur ne répondra pas à cette question qui toutefois demeure, sans être osée ou subversive ou contre-nature. Car la question du sentiment est en dehors de la perpétuation de l'espèce. Quelle est sa nature ? Nature supposée différente que celui qui unit une famille et ses enfants, et qui se déclinerait d'une singularité rattachée à un ordre qui serait moral ? Le sentiment serait-il ce flux d'instinct dans lequel seraient confinés le cœur, l'amour-propre, l'honneur, la fidélité, l'appartenance, l'esprit et dont la famille spirituelle serait l'âme, ou l'élan, ou la vie tout simplement !
Arthur ira jusqu'à la démesure dans cet espace fantasmatique. Il ira jusqu'au délire de sensations amorales que révèlent Rad' IO seX (où dans sa rade baigne la vache sacrée IO nimbée de X la censure de la luxure). Le sexe dans la chair et l'effusion des sens. Un maelström, un déluge d'émotions dont il ne reste rien une fois l'acte sexuel accompli, si ce n'est comme un vague souvenir où persiste un temps le parfum des corps avec en simultané le prompt apaisement de l'être. Puis une lente remontée à la surface de soi, une reprise de soi en tant qu'individu qu'assaille l'univers du quotidien.
Mais alors, quand on parle d'Amour, de quoi parle-t-on ou voulons-nous encore parler ? Et que devient ce sentiment qui semble l'alimenter, surtout quand la mort vient le perturber pour rompre une relation établit au sein du couple parfois éphémère lui-même. L'harmonie est rompue et le déséquilibre qui s'ensuit veut que s'échange la présence par l'absence, cette autre présence !
Etonnamment l'amour perdure et le bonheur d'être se transmue en douleur que rien ne saurait altérer, pas même le temps, où se dessine notre propre fin, et qui paraît se condenser pour intimer à l'être le désir d'une nouvelle intimité : au-delà de l'irréel, rejoindre l'autre comme pour sceller un amour dans une relation d'éternité.
En somme Rad' IO seX est l'exploration de la passion de la chair et des sentiments de l'amour dans la durée, ses transformations et son évolution. Que valent nos inclinations, nos tendances ou nos instincts, notre vouloir à aimer et être aimé ? La liberté c'est aussi la capacité de dire « oui », la « force » étant ne pas craindre de donner (ou de reprendre !) L'amour devient une construction (sociale) qui opprime son fait générateur et pose le problème de la Liberté dans un ordre donné, volontaire ou obligé.
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« PHALLUS » s'exprime par l'intermédiaire du visage d'ARISTIDE
Troisième visage qui porte l'accent sur l'engagement, la fidélité, le partage de l'amour ou de ce qui est considéré comme tel, l'ensemble tenu par un même pouvoir qui se condenserait dans le Phallus. La littérature, à son secours, devient un outil de recherche sur l'Etre. Les mots sont sa matière première qu'il faut ouvrir pour en délivrer toute la quintessence et en délivrer la semence car leur arrangement crée l'émotion qui s'adresse à l'esprit tout comme à la chair pour éveiller notre conscience d'une certaine consistance de la réalité, notre réalité. Mouvement et force récupérés, l'amour devient alors un instrument de pouvoir, de domination (morale), de contrôle et de principes, d'épicurisme, de libertinage et de libertés. L'Amour devient Phallus, il est Pouvoir, Le Pouvoir. Le Pouvoir d'Etre qui se vit comme un Art.
Certes, il est difficile de donner une définition de l'Art Nous pouvons toutefois en citer quelques caractéristiques de ce que nous nommons Art ; par exemple dans le domaine pictural.
Il se montre didactique (les vitraux du Moyen Age nous transmettent le parcours évangélique) nous livre des messages (Le Jardin des délices de Jérôme Bosch), des témoignages (Guernica), des éventualités historiques, des évocations allégoriques; nous présente des idéaux esthétiques telle la Beauté.
Au delà du mouvement esthétique, il représente aussi un progrès technique du moins en le domaine qui lui est propre à savoir le créatif sachant que la créativité n'est pas propre à sa substance car les mathématiques aussi sont créatives et à leur sujet nous ne parlons pas d'art quoiqu'elles servent dans le domaine de l'architecture et de la sculpture.
L'art se manifeste en révolte, symbole révélé, transgression de l'ordre établi en sa sphère seulement, sinon la politique serait un art ! Allez donc savoir bien que le politicien se serve de l'art oratoire.
Ainsi l'art de prime abord s'allie différentes techniques que d'autres techniques lui ont apportées (perspective, optique, chimie) et surtout il s'adresse à l'un de nos sens : la vue.
A y regarder de plus près, tout ce qui nous entoure recourt à l'art (meuble, tapisserie, peinture, architecture, champs, bois, nature : ces trois derniers représentant l'art naturel celui de Nature que nous trouvons ou beau ou joli ou harmonieux) et qui a fait dire « La Nature imite l'Art » savoureuse boutade sachant que l'Art redécouvre (en la couvrant) la Nature. Que ne doit pas le cubisme à la cristallographie et aux mathématiques ?
L'art pictural s'adresse d'abord à la vue comme le chant et la musique à l'oreille, la gastronomie au goût et à l'odorat, de même l'art du parfumeur.
Apparemment l'art s'adresserait de façon continue ou anecdotique à nos sens et en cela seraient la transgression et la transformation de notre monde. L'art est tout ce qui transforme, modifie, transfigure avec fantaisie, joie, harmonie ; tout ce qui se modifie par le recours à l'imagination et par conséquence, l'art par l'art de savoir créer, devenir l'art de la fantaisie, de l'audace, de l'innovation.
L'art est son propre objet, sa nature serait l'imaginaire et son pouvoir de sublimer le réel par le biais de notre imagination pour nous proposer le réel recherché inconsciemment par nos aspirations. A savoir : transformer pour accommoder à nos désirs, nos souhaits et nos rêves, nos désirs avec l'espoir d'atteindre et de faire perdurer un certain état qui serait celui du bonheur. En sauvegardant en continu ce qui nous ferait vibrer nous prolongerions ce réel ardemment espéré ou recherché.
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« MAELSTROM » est représenté par le quatrième visage : celui d' ALARIC.
Il est un hymne à l'Amour couplé à celui de la Femme. C'est un vaste poème où les forces obscures secrétées par ce mouvement qu'est l'Amour (ce maelstrom, ce gouffre dévoreur qui absorbe, transforme, transfigure pour faire rejaillir avec encore plus de force pénétrante les flux multiples du vivant qui le sous-tendent) sont confrontées, projetées les unes contre les autres. Télescopées elles génèrent de la violence, du déchirement, de l'incompréhension, de l'autodestruction : ainsi la conception chrétienne de l'amour à l'encontre du désir et de l'instinct.
Il en est de même pour la littérature, de même pour la Sexualité, de même l'Amour pour Etre en tant qu'Etre, et Etre vivant, Etre de vie.
Un premier constat est de dire que l'Amour de nos jours n'en demeure pas moins que trop superficiel. Ibidem pour une sexualité qui se comporte comme une vieille dame malade dont nous n'osons pas lui avouer le nom de sa maladie, ni son terme ; une dame dont on dit simplement qu'elle est malade pour ne pas braver une fois de plus un tabou séculaire. Décrit-on sa maladie ? Quelque fois. Exprimons-nous ses émotions ? Rarement en profondeur. Soit que le littérateur se pose en observateur comme un reporter, soit qu'il se pose en psychologue clinicien psychanalyste pour aborder une nomenclature des «possibles ». Les mots, pour ce faire, sont pris en leur surface, sous forme de peinture qui se dépose ou mélange les lignes d'apparence que l'on crée pour construire un tableau.
Tableau plat. Sans émotion. Car les mots, ces véhicules extra-spirituels sont pris dans leur simple dénomination, pas dans leur chair. Et notre littérature est devenue mortifère parce que nous utilisons les mots de manière désincarnée, en technique sans électricité, en chimie organique ou minérale sans minéraux, sans oxygène, sans esprit, sans espoir.
Or, la sexualité comme la littérature, est aussi, un moyen d'investigation de l'humain, au même titre que celui d'un scanner ou d'une IRM ; ingénierie à résonances magiques. Cet outil extraordinaire qu'est le « mot » est un moyen au service de l'action elle-même au service du Verbe pour explorer notre Etre en tant qu' « étant », existant. Il nous permet d'explorer l'immense champ du sensible comme la carotte de glace permet d'en extraire les couches et les incidences géologiques de notre planète ; comme le fruit de l'arbre que l'on mange et que l'on savoure.
L'homme est le seul mammifère qui ne profite pas des produits que lui commande l'un des aspects de sa propre nature : l'i-ma-gi-na-tion. C'est comme ci le fermier arrachait les épis de blé pour ne pas les décortiquer et les passer au moulin à moudre pour en faire de la farine puis du pain ; directement il les donne en pitance à ses poules -ce que nous faisons en parlant ce qu'il fait et les cuits direct en ses casseroles pour les consommer-ce que nous faisons en écrivant.
Nous avons oublié la meunerie de notre imaginaire. Nous délaissons l'immense champ de l'investigation dans l'immatériel et en toutes ses annexes : sensibilité, sentiment, sexualité, amour ; tout ce qui constitue le tissu relationnel humain dont est truffé le mot, le sang des mots qui y est condensé en substrat à redécouvrir, découvrir, ouvrir. Et c'est tellement vrai qu'éternellement insatisfait nous recourons à d'autres mots, d'autres langues, croyant comme benêt que nous allons donner plus de relief à ces instants de sensibilité révélés, ignorant alors que ces mêmes mots vont subir le même sort que les nôtres, à la longue, tant nos littérateurs sont superficiels et se laissent aller à la facilité langagière quotidienne : écrire comme on parle. Vite, pourvu que cela fasse de l'effet du fric de la gloire. Flop. Nada. Sauf épiphénomènes vite oubliés.
Car, au risque de nous répéter, les mots que nous employions sont riches de sens, de substance et de sang, d'esprit et d'amour, de vie. Là est la tâche du littérateur : nous les faire redécouvrir, nous en baigner de leur halo, nous nourrir de leur vitalité, nous enrichir de leur histoire, nous grandir, nous forcir. Les mots que nous utilisons, si usés soient-ils sont la préservation et la continuité de nos propres existences, de notre existence de terrestre et de terrien, notre originalité profonde cosmologique ; ils sont vecteurs et fruits de vie comme les ondes radios, dimensions comme les espaces quantiques, ils sont la Vie.
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« L'EQUATION » porte le visage d'AMAURY ; le cinquième.
Quelle est la part du rêve et celle de la réalité en amour ? Le désir le plaisir l'art l'amitié ? Leurs distanciations et leur rapprochement, leurs apports mutuels, l'adéquation quelle est-elle ? Sommes-nous acteurs ou contributeurs, révélateurs ou les simples jouets de nos sens. L'illusion est elle notre recherche instinctive de l'être ou du paraître ? Qu'elle est cette force de cémentation qui permet aux couples de tenir, durer, perdurer, transmettre ? Fruit de volonté ou tout simplement fruit de nature qui se duplique. Quel est le lien qui nous relie tous les uns aux autres et dans quel but. Le Verbe, l'expression, la communication communicante, l'importance du mot et son rapport à l'émotion, c'est comment ? Ma vie est sous-tendue par quoi ? Qu'en est-il du poids du vécu, ders traces du passé, de l'incidence du fantasme, de la part de rêve et de réalité ? Comment ? Pourquoi ? Quand l'humain aborde-t-il le divin. Qu'est le plan cosmique qui nous est donné d'intégrer. Pourquoi ? Pour qui ? Telle est la démarche et les préoccupations, le dessein d'Amaury.
La quadrature du cercle pose le problème toujours irrésolu de réduire la circonférence d'un cercle aux quatre parties égales d'un carré. Question de limite et d'absolu. Si nous n'acceptons pas, comme en physique, d'arrondir le nombre après la décimale ou d'en faire abstraction, aucun cercle ne peut se transformer en carré : la relation pi l'en interdit.
De même pour un être humain, a fortiori le couple aux composantes complémentaires (homme-femme). L'être humain ne aurait se réduire à une simple équation mathématique qui permettrait de le rendre prévisible en contrôlant ses émotions en programmant ses refus ou ses acceptations, bref, en le manipulant.
Aussi ESA livre un travail sur la structure même du roman si roman il y a, plutôt un « visage » une « expression » un état passager d'un « possible » ou d'une « vraisemblance ». Et les lignes d'écriture sont fournies par une recherche au sein même du langage qui contient toutes ces ressources vives propre à exsuder une approche de vérité sur ce que nous sommes tous et chacun.
Tentative, espérance, labeur. Le thème central en est la Vie, l'Amour, la Sexualité avec tout ce que cela comporte d'ambigüité sans pour autant aller dans le sordide ou le maladif ou l'obscène ce qui eut été extrêmement facile tant il est vrai que nous avons une étendue de vocabulaire négative plus importante, me paraît-il, que celle qui s'adonne au positif, à la joie, au bonheur !
L'analyse psychologique aborde autant le fantasme que le rêve, la symbolique que l'imaginaire en marge de ce que nous emble être le réel. Avec tous ses aspects culturels historiques et religieux, éthiques et philosophiques, ce pourquoi on ne peut plus à proprement parler de roman mais de Visage, et d'où les appellations différentes des livres proposés dans cette démarche.
Les personnages vont jusqu'à la caricature, les mises en situation cocasses révèlent des lieux, des discours, des thèmes universels et transversaux qui constituent notre opéra de chaque jour, notre lit de ruisseau, de torrent, de fleuve et de rivière qui concourent à l'océan de l'humanité toute entière. Il n'y a pas d'histoire à proprement parler, juste une trame, telle nous semble être celle de la vie de chaque jour.
Il s'agit en la circonstance d'une démarche pour approfondir à partir de la langue notre propre destinée, une tentative pour découvrir notre réalité intrinsèque, notre propre fondement, ce que nous sommes réellement et nous engage pour y plonger nos racines dans ce que nous nommons le quotidien de la vie et qui serait tout simplement le surfaçage de nos existences.
Pour l'être humain, le désir d'Etre, est consubstantiel à son besoin (pas désir) besoin, voire nécessité ou plus encore, volonté de liberté. Liberté dans sa Sexualité, Liberté dans sa façon d'Aimer, donc du Vivre dans le respect de ce qui est Vie. Vie dans ce qui est Vie d'Amour.
Or le corps, le cerveau, les émotions et les sentiments, les relations sociales donc les échanges et par conséquent le monde des instincts ou du grand Instinct irrigué par la sexualité, interfèrent.
Ainsi posé, le thème est présenté en Cinq Visages différents qui sont les cinq dimensions de cet Etre possible avec ses marges de manœuvre propre à sa liberté qui en quelque circonstance que ce soit semblent étroites. Il n'est pas question ici de raconter une histoire ou une saga qui se déroulerait en cinq volumes ou en cinq tomes !
Chacun de ces visages pourrait, dans l'ordre chronologique, se résumer autrement en un seul mot : le « choix », ensuite la « passion » suivi de « l'engagement » de « l'apaisement » et pour finir « le passé » de l'Etre pour un Etre d'Amour agissant pour devenir, lui assignant une route : sa route, au travers un destin :son destin, unique, qui en devient l'Equation propre.
Il est question d'une approche de l'Etre, d'une tentative d'investigation en se servant de l'outil fantastique qu'est la Littérature. De faire exsuder tout ce que l'écriture charrie dans la valise charnelle du langage et d'agir comme en physique, de créer des situations et de faire véhiculer des mots qui vont s'entrechoquer pour délivrer toute leur saveur et, ce faisant, l'identité propre à chaque situation de l'Etre ou de L'Ame, c'est à dire de la Vie, donc de l'Amour. Et peut-être ainsi nous aider à mieux appréhender ou comprendre qui nous sommes et ce en quoi est l'Etre.
Commencée en Avril 1996 et terminée en Novembre 2017, ce questionnement représenté par les cinq approches ou Visages de « L'Etre, le Sexe, l'Amour » au-delà des postulats, est une plongée dans l'intime de ce qui pourrait être considéré comme constituant le « logos » son essence, son être, et pourquoi pas la part de divinité propre en chacun de nous.
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"... Au cœur de l'homme, solitude. Etrange l'homme, sans rivage, près de la femme, riveraine. Et mer moi-même à ton orient, comme à ton sable d'or mêlé, que j'aille encore et tarde, sur ta rive, dans le déroulement très lent de tes anneaux d'argile --- femme qui se fait et se défait avec la vague qui l'engendre."
Amers - Saint-John Perse -
Le 25/XI/2017
FLOREAL
(le pseudonyme dissocie les 9 cycles poétiques du cycle romanesque)
Jean Pierre Payen